Accepter d’être soi dans le tourbillon médiatique en 2016

Accepter d’être soi dans le tourbillon médiatique en 2016

Accepter d’être soi ? Quel intérêt ?

Ce billet d’humeur a mis du temps à être publié, car j’ai cette fichue tendance à vouloir poser les mots justes sur ce que je pense, afin d’éviter les éventuels malentendus. À l’heure d’Internet et des phrases écrites dénuées de ton, de son et d’expression, il faut ô combien veiller à s’exprimer correctement.

Ce billet voit le jour maintenant, suite au visionnage de la vidéo réalisée par Agnès D. intitulée « Le complexe de la femme parfaite ». Passées les 7 premières minutes de « cynisme YouTubeuse beauté » (comme elle le qualifie elle-même) Agnès D. exprime son point de vue très touchant et très honnête sur le fait d’accepter d’être soi et d’accepter d’avoir des complexes. Elle précise même qu’il faut décomplexer d’être complexé(e) 😀 Eh bien ma chère Agnès, je suis d’accord avec toi de A à Z… Je vais donc à mon tour tenter d’exprimer ici, par l’écrit et non par la parole, combien il me semble nécessaire mais si difficile de parvenir à s’accepter aujourd’hui en 2016, à l’heure du tourbillon médiatique.

C’est un témoignage difficile, merci de le respecter.

On est comme on nait

« On est comme on nait ». Cette phrase peut sembler bête, mais quand on essaie vraiment d’y réfléchir on se dit que c’est évident : nous sommes tels que la Nature nous a fait naitre. J’entends par-là physiquement et psychologiquement. Certes, la vie et ses divers obstacles peuvent altérer nos apparences et le fond de nos pensées, mais à la base, nous tous sommes conçus sans que nous puissions choisir quoique ce soit. Nous n’avons pas eu notre mot à dire. Sachez donc que tout le monde est dans ce cas. Il n’y a alors pas de raison de penser que telle personne « a de la chance » d’être brune, ou que telle autre « a vraiment du bol » d’être blonde. On ne peut parler de chance, mais plutôt de hasard et de fatalité (au sens que ça arrive coûte que coûte). Il faut donc absolument cesser d’envier les autres parce qu’ils « sont » ou « ne sont pas », sous prétexte que vous vous auriez préféré « être » ou « ne pas être » comme eux. Eux non plus n’ont pas choisis d’être comme ils sont, et sachez qu’eux aussi peuvent envier quelque chose en vous.

L’image de soi

L’image de soi est aujourd’hui mise à mal (très très mal, même !…) par les images médiatiques. La télévision, la presse, les affiches publicitaires, les réseaux sociaux, etc. diffusent à longueur de journée des images.

Qu’est-ce qu’une image ?
Une image est une représentation visuelle voire mentale de quelque chose. Elle peut être naturelle ou artificielle […]. L’image que vous percevez est donc inévitablement conditionnée par deux choses : par ce que vous avez en tête ainsi que par de la manipulation (= la retouche / la mise en scène). Seulement la plupart du temps, il ne nous est donné à voir que l’image seule. Qui a déjà vu une publicité de maquillage avec une mention du type « Cette image est entièrement retouchée et ne reflète pas la réalité » ? Qui ? Personne, car le dire serait avouer que l’on vend du faux. Apprenez donc à accepter que les images que vous voyez ne sont peut-être pas le reflet d’une réalité. Et quand bien même elles le seraient, acceptez que ces images soient belles et qu’elles vous plaisent, mais arrêtez de complexer face à ces images ou bien cessez de les regarder.

Vous devez absolument vous protéger afin de préserver ce que vous êtes. Pourquoi s’en protéger ? Car vous êtes une personne précieuse et unique et qu’à trop regarder des images complexantes on finit inévitablement par vouloir s’en rapprocher. Au final, on perd toute son unicité et toute son originalité. Croyez-moi, il vaut mieux avoir sa part d’authenticité et de singularité que de s’efforcer à « rentrer dans le moule ». Ainsi, le regard des autres sera interpelés et vous verrez alors que beaucoup seront sensibles à cette singularité, alors cultivez-là. Enfin, vous serez serein et en accord avec vous-même. Après tout, c’est votre vie, non ?

Mon expérience d’acceptation de soi

mosaique_de_portraits_et_autoportaits
Mosaïque (non exhaustive) de portraits et autoportaits de 1995 à 2016. J’avoue être aujourd’hui effrayée par certaines images tellement lointaines de ce que je suis vraiment…

Si je prends le temps d’écrire sur ce sujet aujourd’hui, c’est que j’ai énormément souffert de mon image durant de longues années et que j’aimerais qu’aucune personne ne vive ça comme je l’ai vécu.

À la veille de démarrer une psychotérapie (tant attendue…) je me rends compte que j’ai beaucoup de choses à guérir avec l’aide de quelqu’un, sauf peut-être l’acceptation de ce que je suis physiquement. Je pourrais me venter d’avoir su guérir cela seule, mais malheureusement ce n’est pas le cas. Je suis profondément triste et en colère d’avoir vaincu ça seule, car je pense que l’on a manqué de bienveillance envers moi à ce sujet. Cependant, le recul et la raison me font aujourd’hui accepter les erreurs des autres et m’amènent à ne pas leur en vouloir. Que peut-on faire contre le mal qui a été fait si ce n’est l’accepter et le pardonner ?

Brève histoire personnelle

Née au début des années 90, j’ai été bercée par les dessins-animés de Walt Disney, Les Minikeums, la comédie musicale « Notre Dame de Paris », Céline Dion, Hélène Ségara, Alizée, Lorie et compagnie. Tout ça, j’avais bien conscience que c’était du domaine de la télévision et donc de la mise en scène. Je n’ai donc jamais essayé de ressembler à ces vedettes qui me fascinaient tant mais ai simplement été fan de ces idoles qui me portaient spirituellement (bon, quand je relis les paroles de certaines chansons, je me dis que la spiritualité est vraiment un mot qui ne colle pas…).

C’est à partir du moment où Internet est arrivé à la maison que tout a basculé.  L’utilisation de ce nouveau média ne m’a jamais été clairement expliquée ni précisée. Peut-être parce que mes parents eux-mêmes n’ont pas compris de quoi il s’agissait réellement ? Quoiqu’il en soit, la tentation de ce nouveau monde numérique était fascinante pour moi. Vers 12 ans j’ai donc (comme beaucoup de mes camarades de classe de l’époque) commencé à utiliser Internet : blogs (coucou le Skyblog rose et blanc avec plein de coeurs et de citations « trop belles »), forums de discussion et… Msn Messenger (waouw, ça fout un coup de penser que ça n’existe plus…). Msn Messenger c’était ma vie. J’accordais une importance quasi vitale à ma photo de profil ainsi qu’à mon statut (le statut c’était une phrase que l’on pouvait écrire pour indiquer son humeur, ses sentiments, ses activités, etc.). C’est avec Msn Messenger que j’ai commencé à donner une image de moi qui n’était pas réelle. Comment ? Avec une photo de profil très bien faite : une pose avantageuse, une belle lumière, du maquillage, des retouches, etc. qui faisait de moi la fille parfaite que j’avais envie d’être. Les gens appréciant ces images, je me complaisais là-dedans en cherchant à y rester fidèle. J’ai donc poursuivi dans ce « culte de l »image » avec l’ensemble des réseaux sociaux que j’ai utilisé : MySpace, Facebook, Twitter, Instagram, etc. Jusqu’au jour où.

Jusqu’au jour où j’ai littéralement fondu en larmes face à mon miroir parce que mon fer à lisser les cheveux à grillé alors que je n’avais pas terminé de lisser ma récalcitrante tignasse frisée. Ce jour où je n’ai pas réussi à sortir de chez moi car « je ne ressemblais à rien » et que j’étais persuadée que le gens allaient exploser de rire et se moquer de moi. Je frôlais la paranoïa car je pensais vraiment que les gens feraient ça. Mon copain (l’actuel qui me supporte mais m’aime telle que je suis depuis bientôt 6 ans !… <3) ne comprenait absolument pas quel était le problème. « Ben laisse tes cheveux frisés, c’est bien » me disait-il avec une évidence absolue. À part avoir l’impression qu’il ne comprenait « rien » et qu’il faisait « exprès pour m’embêter » je n’acceptais pas un seul instant de suivre ses recommandations. Je suis donc restée seule à la maison pendant que lui allait faire la fête comme nous devions le faire tous les deux. Je suis donc restée seule, abasourdie, la mort dans l’âme (pour un fer à lisser !!!) et face à moi-même. C’est alors que j’ai appris à me rendre à l’évidence : accepter d’être ce que je suis.

Bon, il aura fallu de longs mois (voire d’années) pour en arriver où je suis aujourd’hui et me moquer éperdument de l’éventuelle image que je peux renvoyer aujourd’hui, mais en tout cas je l’ai fait.

Écrire cet article est une sorte de point final à ce fastidieux travail psyhcologique et je suis fière de l’avoir écrit. Même si personne ne lira jamais ces longues lignes, ça a au moins le mérite d’exister pour moi. Si par contre certain(e)s ont eu le courage d’aller au bout, j’espère de tout coeur que vous ne vous êtes pas retrouvés dans ce témoignage. Cependant, si c’est le cas, je ne peux que vous encourager à être bienveillant envers vos proches, vos enfants, vos amis mais surtout envers vous-même. Vous êtes la seule personne capable de savoir ce qui est bien ou non pour vous, alors écoutez-vous et faites-vous confiance. Agissez en toute conscience, en toute honnêteté et n’ayez plus peur.

 

1 Commentaire

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Pascale Lamacchia

    C’est beau ce que tu as écrit Zoé et je m’y retrouve concernant les cheveux frisés indomptables
    J’ai tout envoyé voler un jour de 2008 avec mon mari, mon boulot…
    Là je lutte avec mes premiers cheveux blancs…une nouvelle étape que je n’ai pas encore réglée alors mes cheveux ordonnés sont revenus parce que colorés je ne les aime pas au naturel même si ça ne m’empêche pas de sortir de chez moi
    On pourra en discuter à l’occasion !
    En tout tu es magnifique au naturel. Tu dégages une bien meilleure énergie !

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